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A Arras (Nord de la France), THIDE terminera en 2003 la construction d'ARTHELYSE, une unité de thermolyse de 40.000 tonnes/an pour remplacer le vieil incinérateur. La volonté politique a été de refuser l'incinération et de choisir un procédé plus respectueux de l'environnement.

http://www.thide.com 

Le traitement des déchets par thermolyse à Arras n'aura duré que quatre ans

mercredi 04.02.2009, 04:51 - La Voix du Nord

 

 

 L'usine était mal conçue et surtout pas au point techniquement. Les élus ont dit «stop». PHOTO ARCHIVES «LA VOIX»L'usine était mal conçue et surtout pas au point techniquement. Les élus ont dit «stop». PHOTO ARCHIVES «LA VOIX»

|  ENVIRONNEMENT |

L'aventure de la thermolyse à Arras s'est terminée, vendredi, avec l'arrêt d'Arthélyse. Les déchets ménagers sont depuis envoyés vers un incinérateur et un centre d'enfouissement hors de l'Arrageois.

 

Sur le papier, la technologie était séduisante et écologique. Chauffer dans un four cylindrique les déchets entre 450 et 650 °C en l'absence d'air pour les décomposer sous forme de gaz et de solide carboné : c'est ce qu'on appelle la thermolyse. Sauf qu'entre la théorie et la pratique, il y a un fossé. Le syndicat mixte Artois valorisation (SMAV, présidé par Philippe Rapeneau) qui regroupe 130 communes et 135 000 habitants (dont la communauté urbaine d'Arras) vient d'en faire l'amère expérience.

C'est en 2004 qu'ouvre Arthélyse, construite par Thide environnement et l'Institut français du pétrole. Le marché prévoyait une unité capable d'absorber 50 000 t de déchets à l'année, mais bien vite il a fallu se rendre à l'évidence : jamais l'usine n'absorberait plus de 25 000 t malgré les nouveaux investissements de l'opérateur. L'aventure commençait à coûter si cher que Thide déposera le bilan. In extremis, le SMAV évita la fermeture de l'usine en gérant en direct Arthélyse, tout en empochant un chèque de 10,5 ME (l'investissement se montait à 25 ME moins 5 ME de l'ADEME). Et les élus et autres techniciens sont allés de mauvaise surprise en mauvaise surprise. La capacité de traitement a chuté à 15 000 t. Après une année pleine de fonctionnement en 2008, et un déficit d'exploitation de 2,5 ME une décision s'imposait : réinvestir dans l'équipement (1,5 ME au bas mot) ou fermer l'usine. C'est la deuxième option qui a été retenue pour éviter que la facture s'envole pour les contribuables. Alors qu'on avait avancé pour 2009 un tarif de 132 E la tonne, les projections approchaient les 300 E ! Le SMAV a renoncé l'usine est fermée depuis vendredi, les équipements seront démontés et vendus, le bâtiment sera réutilisé. La dette se monte à 5 ME dix emplois seront supprimés. •

EMMANUEL CRÉPELLE