| La litière biomaîtrisée | |
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Dans
les années 60 se sont développées des porcheries industrielles qui
avaient pour but d'engraisser beaucoup de porcs sur une faible superficie,
de telle façon à réduire les coûts de production. Ces élevages
intensifs se rencontrent surtout en Flandre avec une densité de 11 porcs
par hectare de surface agricole en 1993 contre 0.4 en Wallonie. 95% du
cheptel est localisé en Flandre contre 5% en Wallonie. L'élevage se fait
sur caillebotis et les déjections se présentent sous forme de lisier. Ce
lisier présente des désavantages majeurs: épandu en trop grande quantité
par rapport aux besoins de la végétation, il pollue les nappes phréatiques
par percolation et les odeurs qu'il dégage sont particulièrement désagréables
pour le voisinage. Une
des techniques visant à réduire les nuisances liées à la production
des déjections et à supprimer les odeurs désagréables qu'elles
produisent est l'élevage sur litière biomaîtrisée. Venue d'Asie dans
les années 90, cette technique utilise une litière épaisse qui se
transforme progressivement en compost quand elle est mélangée aux déjections.
La litière peut se composer de sciure ou de paille; la sciure ne nécessite
pas de produits activateurs, tandis que la paille peut en nécessiter pour
assécher la litière et réduire les odeurs d'ammoniaque. La litière sur
sciure est aérée chaque semaine et le tassement dû au phénomène de
compostage nécessite l'apport de sciure ou de paille fraîches. La
litière biomaîtrisée est utilisée pour l'engraissement des porcs ainsi
que le post-sevrage et le pré-engraissement. L'activité microbienne dans
la litière démarre dès l'arrivée des porcelets et la température
passe de 18° à 25° au 2ème jour pour se stabiliser à 35°
au 6ème jour. La montée en température qui se produit dans
la litière engendre la destruction de la plupart des germes pathogènes
qui pourraient se trouver dans la litière. L'utilisation d'antibiotiques
sur les porcelets n'a pas d'effet néfaste sur l'évolution de la température
de la litière. Chaque porc nécessite une consommation de l'ordre de 80
à 100 kg de sciure (50 à 80 kg de paille), produisant quelque 120 kg de
compost frais. Toutefois, l'élevage de truies sur litière biomaîtrisée
paraît difficile à réaliser du fait des rejets d'urine beaucoup plus
importants que pour des porcs à l'engrais: la litière est très mouillée,
elle ne chauffe pas et est rapidement saturée. Les
influences sur l'environnement Elles
sont manifestes: les odeurs sont fortement diminuées, voire supprimées.
Si elles subsistent, elles n'imprègnent pas les vêtements comme le fait
l'odeur du lisier. La concentration en NH3 dans les bâtiments
dépasse rarement 20 ppm. Le
volume de l'effluent à épandre est nettement réduit: la production par
porc engraissé sur sciure est d'environ 130 kg de compost à 40 - 45% de
matière sèche; sur paille elle est de 175 kg de fumier à 40 - 45% de
MS. Par contre sur caillebotis, elle est de 465 kg de lisier à 8% de MS
tandis que sur paille accumulée traditionnelle, le fumier représente 350
kg à 20 - 23% de MS. Cela représente une réduction de la quantité
d'effluent produit de 74% avec la litière à base de sciure et à 62%
avec la litière à base de paille par rapport à une production de lisier
classique. Le
bien-être des porcs est pris en compte: ils disposent de 1.2 m² au lieu
de 0.75 m² par porc, ce qui signifie également qu'un élevage
traditionnel peut engraisser 200 porcs alors qu'un élevage sur litière
biomaîtrisée ne pourra en accueillir que 125. De plus, la litière leur
permettra de donner libre cours à leur caractère fouisseur. Les problèmes
de cannibalisme sont quasi absents, tout comme les problèmes de patte.
Enfin, le confort d'une litière, qu'elle soit de sciure ou de paille, est
indéniable. Ce
type d'engraissement peut s'implanter dans des zones qui disposent de la
surface agricole nécessaire tout en valorisant la production locale de céréales,
une diversification du secteur de la viande, une réduction des transports
et une meilleure rentabilité des abattoirs locaux. Le
coût de la technique est fonction de plusieurs facteurs: type de substrat
utilisé, coût du substrat, emploi de produits activateurs et doses,
niveau d'aménagement et d'équipement de la porcherie. L'investissement
en bâtiment est moindre du fait d'une plus grande simplicité de mise en
œuvre des loges. En
fin de compte, si la technique est plus propre que celle du caillebotis,
les coûts de production restent un handicap qui se répercutera sur le
prix de vente. Ce handicap ne peut être compensé que par la prise de
conscience que les méga-productions, de quelque type qu'elles soient, ne
sont pas sans effet sur l'environnement. Au consommateur d'être éclairé
sur les labels de qualité et de faire le bon choix.
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Renseignements:
Centre d'Economie Rurale à 6900 Marloie –
J. Ninane : 00 32 84 22 02 65 |