HISTORIQUE

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Les mésaventures du projet d'incinérateur d'Achêne.

Le 12 janvier 1995, un coup de tonnerre résonne dans la douce campagne condruzienne: décision est prise par les autorités de construire un incinérateur de 225.000 tonnes/an de déchets ménagers à Achêne, à 4 km au SO de Ciney. Il est présenté comme "ce qui se fait de mieux ", le "nec plus ultra" en la matière.  

Dans cette région productrice de cultures céréalières et berceau du bœuf labellisé Blanc-Bleu-Belge, l'opposition au projet est immédiate et catégorique. On dénonce déjà la pollution due aux 650 kg/an de polluants rejetés par les fumées, constitués de métaux lourds admis par les normes d'émission en vigueur et qui retomberaient aux alentours. On dénonce aussi le risque de contamination par la chaîne alimentaire, les atteintes à la santé, les risques pour la population sous les vents dominants, et en particulier pour les 6.000 écoliers et les pensionnaires handicapés de l'Institut Médico-Provincial, les dioxines (déjà!) et leurs effets connus comme perturbateurs endocriniens, le charroi, le risque pour Ciney, qui possède déjà une décharge de classe 2 et un clos d'équarrissage, de devenir la poubelle de la province, etc.

Mais la procédure se met en place. La réunion d'information du public du 8 février 1996 est houleuse. L'enquête publique a lieu pendant le mois de février et permet de déposer légalement des alternatives au projet. Plusieurs groupements et de nombreux citoyens y vont de leur requête. Entre autres figure celle du Comité Thermolyse de Ciney, qui deviendra par la suite l'ASBL PROMETHEE. 

Une consultation populaire fait état de plus de 80% de NON au projet, sur 60% de votants. 

Le projet connaît également des revers de plusieurs autorités dont celui de la Ville de Ciney qui se déclare incompétente pour accorder les permis. Le dossier se retrouve alors devant la Députation Permanente de la Province qui, dans un premier temps, refuse le permis de bâtir le 14 octobre 1997, pour l'accorder quand même le 21 octobre suivant. La fonctionnaire déléguée introduit un recours contre le permis de bâtir, et le 3 mars 1998, le Ministre de l'Aménagement du Territoire refuse le permis de bâtir

Le maître de l'ouvrage introduit dès lors une requête en suspension et en annulation de ce refus de permis auprès du Conseil d'Etat. Le Conseil d'Etat a rejeté la requête en suspension le 3 février 2000. La requête en annulation a été rejetée par ce même Conseil d'Etat le 14 juin 2005.

L'affaire aura duré 10 ans...